Un jardin historique

Un pas important de l’Art des jardins

 

Le travail d’Edouard André et de Jules Gravereaux, puis de son fils Henri, est historiquement important puisqu’ils sont les créateurs d’un jardin d’exception : le premier jardin entièrement dédié aux roses. 1910 est donc une année capitale dans l’Art des jardins.

 

 

« C’est là qu’on a pu voir pour la première fois, toutes les ressources qu’offre la rose pour la décoration des jardins, ce fut une révélation, presque une révolution.  » Henri Gravereaux.

 

 

En effet, le « jardin de roses » marque une étape importante de l’histoire des jardins. Premier jardin monovariétal, il démontre qu’un jardin de collection peut aussi être un jardin d’agrément et que le rosier dans sa diversité permet à lui seul de créer un jardin : rosier buisson, rosier rampant, rosier tige, mais aussi rosiers sarmenteux et grimpants conduits le long de supports : pergolas, arceaux, guirlandes, pylônes. Ainsi le rosier crée les volumes, souligne les perspectives, orne le jardin. La partie centrale de la Roseraie, conçue par Henri Gravereaux et appelée « le jardin des plus belles roses » en est une excellente illustration : elle est un exercice de style de réinterprétation du jardin à la française à l’aide exclusive de rosiers.

 

Édouard André et les Gravereaux père et fils ont ainsi inventé un nouveau style de jardin : « la Roseraie ».

 

photo du dôme en fleur de la roseraie

Le style de la Roseraie s’inscrit dans la continuité du « jardin de roses » initialement dessiné par Édouard André : rigueur du jardin régulier, recherche des qualités décoratives optimales du rosier grâce à l’utilisation de variétés, de ports, de supports différents, association d’éléments d’architecture, de sculpture et reprise du vocabulaire du jardin classique : dôme, pergolas, temple de l’Amour, bustes sur piédestal...
Pourtant des éléments décoratifs choisis en relation directe avec les roses présentées signent l’originalité de chaque jardin et enrichissent l’aspect décoratif de la Roseraie de 1910.

 

Le buste de Joséphine, par exemple, est placé à l’entrée de l’allée de la Malmaison ; le jardin des roses d’Orient est le plus typé : les supports sont en bambou, les plates-bandes bordées de buis dans les autres jardins sont ici cernées de pierres, deux dragons de céramique gardent l’entrée du jardin ; le jardin des roses galliques adopte le style rustique de son voisin le jardin des collections horticoles...

 

L’harmonie de la Roseraie de 1910 vient de cette dualité entre l’unité de traitement de l’ensemble du plan inspirant grandeur et solennité et la fantaisie apportée dans le traitement spécifique des éléments décoratifs de chaque jardin. Jardin d’agrément, de plaisir et de beauté, jardin savant, de démonstration de la variété   du genre   Rosa et d’étude, la Roseraie apparaît ainsi comme une oeuvre achevée, à l’équilibre parfait : elle propose un voyage dans le temps et dans l’espace, un panorama de l’évolution de la rose au cours des âges, elle comble tous les sens, le cœur et l’esprit.

 

La singularité de ce jardin a été reconnue : la Roseraie du Val-de-Marne a été inscrite sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Ci-dessous l’arrêté de classement qui officialise cette inscription.

 

L’inscription concerne les sites dont la valeur ou la fragilité ne justifie pas le classement mais qui ont suffisamment d’intérêt pour que leur évolution soit surveillée. L’inscription établit donc l’intérêt paysager de la Roseraie du Val-de-Marne et la volonté de veiller à une gestion qualitative de son évolution.

 

Concrètement, la Roseraie in situ n’est pas en péril, cependant les projets concernant son environnement (et notamment le projet communal de requalification du centre-ville avec la restructuration de la place de l’église faisant face à l’entrée du parc) font l’objet d’une attention particulière.

 

Enfin, la question de l’instauration d’une ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et paysager) est à l’étude afin d’ajuster un périmètre de vigilance plus pertinent que le périmètre circulaire traditionnel de 500 m (zone de protection obligatoire autour de toute église).

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